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Objet 25.3392 - Rééquilibrer le rapport entre les ambitions de l'armée et les finances disponibles


Pour que l’armée ait une chance d’être engagée efficacement, elle doit pouvoir être mise en œuvre et financée. Mais aujourd’hui, les moyens disponibles ne permettront jamais de financer efficacement les ambitions de l’armée. Les planifications et les attentes sont d’une complexité qui les rend irréalisables, et la numérisation et les capacités dans les six espaces d’opération, y compris l’espace exoatmosphérique, se heurtent à la réalité de la milice, du fédéralisme et du frein à l’endettement.

Le simple fait d’affirmer que quelques milliards supplémentaires résoudront les problèmes, sans même savoir à combien s’élèveront au total les coûts effectifs de l’armée telle qu’elle est planifiée, ne crée aucune certitude. Bien au contraire, le risque de sous-financement structurel est important étant donné le niveau des ambitions. 

La dernière tentative d’évaluer le montant total des coûts date d’il y a 20 ans. Elle avait été entreprise dans le cadre de l’étude « Capacité à durer et montée en puissance ». Cette étude portait sur les procédures d’engagement, l’instruction, l’équipement, l’armement et les effectifs nécessaires dans le cadre de trois scénarios concernant des situations en dessous du seuil des hostilités : un engagement de sûreté sectorielle préventif avec 27 000 militaires, un engagement de stabilisation sectoriel avec 46 000 militaires et un engagement de concentration de forces avec 64 000 militaires. Résultat : les spécialistes dans des positions clés font défaut et les investissements nécessaires se montent à 30 milliards de francs pour 10 milliards de francs de frais d’exploitation annuels.

Dès lors que le livre noir de l’armée prévoit maintenant, entre autres, 40 milliards de francs pour le gros matériel et 10 milliards de francs pour les munitions, on peut partir du principe qu’en cas de scénario au-dessus du seuil des hostilités, une armée fonctionnelle aura des frais d’exploitation annuels de 15 à 20 milliards de francs (sans compter les investissements). La Suisse ne peut tout simplement pas se le permettre.

Le Parlement doit donc, pour chaque investissement, être informé des coûts subséquents pour l’exploitation, l’infrastructure, les mises à jour et le maintien de la valeur pendant toute la durée d’utilisation du système prévue. La doctrine d’engagement, la structure de l’armée et le niveau technologique visé doivent être proportionnés par rapport à la taille de l’armée et à ses ressources humaines et financières à long terme.

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Date Division Texte soumis Pour Contre Autres
04.06.2026 (12:51) 62 121 17 Info