| Pour (Proposition de la commission (ne pas donner suite)) | 132 |
| Contre (Proposition de l'auteur (donner suite)) | 54 |
| Abstension | 6 |
| Excusé / Non votant / Président | 7 |
La Suisse a l’un des gouvernements les plus âgés d’Europe. C’est, en substance, ce que titraient les journaux du groupe Tamedia à l’issue de la dernière élection de remplacement au Conseil fédéral. Aujourd’hui, l’âge moyen des membres de l’exécutif atteint 61 ans. Les sept conseillères et conseillers fédéraux sont tous âgés de 57 à 65 ans, alors que la moyenne nationale s’établit à 43 ans. Les personnes en fin de carrière sont donc largement surreprésentées au sein de l’exécutif, tandis que les générations plus jeunes n’y ont aucune voix. Cette situation pose problème.
Toutefois, la sous-représentation des différentes classes d’âge ne représente qu’une partie du déséquilibre. La recherche d’un successeur à l’ancienne conseillère fédérale Viola Amherd a révélé un autre écueil : de nombreuses personnalités qualifiées ont renoncé à se porter candidates, invoquant la difficulté à concilier fonction gouvernementale et vie familiale. Partant, seuls deux candidats, nés en 1963 et en 1967, sont restés en lice. La conclusion est claire : le cadre rigide du mandat, l’intensification des exigences, l’absence de partage de la fonction de conseiller fédéral, et, par conséquent, l’impossibilité d’allier responsabilités politiques et vie privée dissuade nombre de politiques — notamment ceux ayant de jeunes enfants — de briguer un siège au Conseil fédéral.
Pourtant, la société et le Parlement ont fortement évolué, et cette tendance va se poursuivre. Dans le privé, le temps partiel et le partage de poste sont depuis longtemps monnaie courante, y compris aux plus hauts niveaux hiérarchiques, et sont revendiqués tant par les femmes que par les hommes, toutes générations confondues. Le travail à temps partiel et le partage de poste à responsabilité permettent aux personnes de moins de cinquante ans d’accepter des emplois à responsabilité sans devoir renoncer complètement au temps passé en famille. Le Conseil fédéral devrait s’en inspirer. Une telle flexibilisation encouragerait des profils plus jeunes à se porter candidats, ce qui refléterait à nouveau la pluralité des perspectives de la société au sein de l’exécutif.
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Source : Services du Parlement de l'Assemblée fédérale, Berne
Dernière mise à jour des données le 10.03.2026 (14:46)