On observe aujourd’hui un important déséquilibre entre la formation professionnelle supérieure et la formation universitaire sur le plan du financement, déséquilibre dont les conséquences sont considérables. Alors que l’État finance massivement la formation universitaire, les personnes qui suivent une formation professionnelle supérieure doivent, elles, largement payer leurs études de leur poche (ce qui est tout à fait justifié). Les taxes d’études dont doivent s’acquitter les étudiants des hautes écoles publiques vont de 400 à quelque 6500 francs par semestre, la moyenne se situant autour de 800 francs. Une formation professionnelle supérieure coûte quant à elle de 13 600 à 19 700 francs (chiffres de 2021), ce montant étant assumé à plus de 50 % par les personnes concernées ou leur famille et à 25-30 % par les employeurs.
Ce déséquilibre est perçu comme injuste et crée de mauvaises incitations. Il faudrait au contraire faire en sorte que les étudiants des universités soient eux aussi appelés à financer une grande partie de leur formation. Ils seraient ainsi davantage motivés à percevoir au plus vite un salaire et à faire preuve d’initiative. Ils seraient de plus incités à opter pour des études recherchées sur le marché du travail, en particulier par le secteur privé, et à les terminer. Les avantages d’un tel système sont donc multiples. Il permettrait non seulement de renforcer la formation professionnelle, mais aussi de réaliser les économies qui s’imposent urgemment sans nuire à la qualité de la formation. Cette qualité pourrait même augmenter, puisque le fait de devoir financer eux-mêmes leurs études rendra les étudiants plus motivés, plus conscients du sens de leurs études et plus performants.
Un article paru dans la NZZ du 2 avril 2024 propose le modèle suivant :
« Une possibilité serait de faire davantage participer les plus gros usagers des EPF, à savoir les étudiants. Ceux-ci déboursent actuellement quelque 1500 francs par an pour leurs taxes d’études. Si ce montant passait à 5000 francs, ce sont 100 millions de francs de recettes supplémentaires qui pourraient être générés. »
Du côté des hautes écoles cantonales, les économies pourraient s’élever à 200 millions de francs :
« La Confédération verse en outre environ 850 millions de francs par années aux universités cantonales. Sachant que les taxes d’études ne représentent aujourd’hui que 3 % des recettes des universités, les cantons pourraient largement les augmenter. […] Selon les estimations du bureau de conseil BSS, une hausse des taxes d’études de 2000 francs se traduirait par 220 millions de francs de recettes supplémentaires pour les universités et les hautes écoles. »
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| 27.04.2026 (18:25) | 66 | 125 | 9 | Info |
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Dernière mise à jour des données le 28.04.2026 (16:18)